John DEE
(1527-1603),Bien qu'il ne soit pas médecin, John Dee mérite l'attention de tous ceux qui sont intéressés par le sujet de la médecine des Rose Croix. La place qu'il occupa dans l'histoire des Rose Croix en relation avec ses connaissances ésotériques et scientifiques est prépondérante. En effet, il fut certainement l'organisateur des loges rosicruciennes anglaises au XVIéme siècle. Il consacra tout son temps, sa vie et son énergie à continuer l'oeuvre des anciens. Beaucoup d'auteurs anciens nous sont connus par le fait qu'il en transcrivit les œuvres comme par exemple un exemplaire de l'oeuvre de Roger Bacon qui est conservée au fond Bodleian de Oxford.
Dee était à la fois mathématicien, astronome et géographe, mais aussi astrologue. On lui doit d'avoir inventé le méridien de Greenwich, mais aussi et surtout il était un expert dans le calcul de la navigation, ce pourquoi les plus grands marins de son époque le consultèrent. Il était aussi très érudit en religion, en philosophie, en kabbale et en hermétisme. On lui doit divers traités sur le symbolisme, la navigation, la perspective, les miroirs ardents…etc
Il fascina son époque par ses œuvres. Malheureusement le vulgaire confondait ses travaux avec de la sorcellerie. C'était en fait un vrai magicien qui basait ses connaissances sur ses propres expériences mystiques et scientifiques. On connaît parfaitement sa vie car il tenait un journal intime. On y apprend ainsi les relations qu'il entretenait avec la cours d'Elisabeth d'Angleterre dont il était l'astrologue privé et le Mage. L'Aura qui l'entourait et le fait qu'une partie de ses travaux soit conservée dans les bibliothèques publiques fut parfois l'origine d'utilisation illicite pour ne pas dire dangereuse de ses travaux. Sous le terme de magie Enochienne ( en référence au langage sacré des anciens) divers mouvements furent ainsi créés au siècle dernier, petits groupes de personnes ou véritables organisations plus ou moins structurées basées soi-disant sur ses travaux. Ces gens, souvent d'anciens Franc-Maçons, les interprétèrent pour s'en servir à des fins personnelles, et dans le but d'acquérir des pouvoirs. En fait, Dee n'a jamais révélé dans ses écrits publics que ce qui pouvait être dit sur la magie spirituelle. Il garda tout le reste pour ceux qui étaient dignes de recevoir un plus grande initiation.
La vie de John Dee montre qu'il était totalement à l'opposé de cette mauvaise utilisation de la connaissance. Il passa tout son temps dans l'étude des science et de la Tradition. Très jeune il débuta ses études à Cambridge où il se familiarisa avec les mathématiques des anciens. En 1547 il commença ses voyages à travers l'Europe d'abord aux Pays-Bas où il entra en communication avec ceux qui plus tard devinrent ses amis intimes comme Gérard Mercator qu'il appelait "mon Gérard". Avec Frisius, Gogava, Myricaeus et d'autres philosophes et astronomes de son temps. Il fit de longues études à l'université de Louvain. On suppose que c'est là qu'il prit connaissance des travaux de Cornelius Agrippa qui était mort quelques temps auparavant dans cette ville. Par la suite Dee présenta des conférences dans toute l'Europe notamment sur la philosophie et la géométrie de Pythagore.
Après être rentré en Angleterre, il dut subir un emprisonnement suite à une dénonciation pour magie. Ayant comparu devant l'Evêque de Londres, sa bonne foi chrétienne fût établi ainsi que son orthodoxie.
En 1556 il fût introduit à la cours en raison de ses mérites et de ses travaux scientifiques. Il avait acquis une très grande réputation partout en Europe. C'est à partir de cette date que la grande propriété qu'il avait achetée et où il vivait, devint une sorte de centre d'étude privé des sciences métaphysiques. Dans cette propriété à Mortlake il regroupa la plus belle collection privée d'Europe. Elle contenait des milliers de volumes et de manuscrits écrits à la main consacrés à la philosophie, la science et l'ésotérisme.
Il passait tout son temps à faire des copies et des traductions de ces vieux manuscrits. Il fit venir des originaux du Vatican, de Rome, de Florence, de Vienne. Il retranscrivait tout ceci avec l'aide d'élèves et de collaborateurs. A chaque fois qu'il découvrait une nouvelle partie des sciences secrètes, il n'avait de cesse de l'expérimenter. Ainsi il travailla sur la projection psychique par sympathie, la vision dans une pierre noire, la magie angélique.
Parmi les manuscrits qu'il affectionnait le plus se trouvait notamment la stenograhie de Thrithemius dont s'inspira aussi Paracelse, les écrits de Pic de la Mirandole, de Ficin, d'Agrippa. Il sera aussi le premier traducteur anglais des éléments d'Euclide.
Parallèlement à ses recherches privées il assumait à la cours un rôle prépondérant. Il était consulté pour toutes les décisions importantes, dressait les thèmes astrologiques de la reine mais aussi de tous les grands dignitaires du royaume. En particulier, c'est lui qui fixa la date du couronnement de la reine. Lorsque plus tard l'Angleterre était en émois parce que l'invincible armada d'Espagne se dirigeait vers les cotes anglaises, il conseilla fort justement aux anglais de rester au port en prédisant une grande tempête qui eut lieu et détruisit une grande partie de la flotte espagnole. Le pouvoir qu'on lui attribuait était si grand qu'on fit courir le bruit qu'il avait lui même déchaîné les éléments.
Les plus grands personnages du royaume venaient dans sa demeure. Aucun de ses problèmes ne laissait la reine insensible et pour comprendre combien l'existence de John Dee était précieuse à la cours d'Angleterre, il faut savoir que dés qu'il avait quelques graves difficultés la reine s'en occupait personnellement. Quand il perdit sa femme, la reine, en personne, vint lui rendre visite. Un autre jour où il était malade elle lui envoya ses médecins personnels.
En 1577 il reçut un visiteur de Perse et quelques temps après il commença un ouvrage intitulé la monade hiéroglyphique qui est un de ses écrits majeurs. Sur la page de titre de ce document on retrouve les symboles Egyptiens que les Rose Croix utilisent toujours aujourd'hui. Le cercle avec un point central servait aussi de signature à cette époque à la fraternité secrète qui se réunissait pour, sous couvert de versification, travailler sur l'Hermétisme Egyptien. Il semble que ce soit cette fraternité secrète dont le symbole était la Rose qui donna naissance à l'ordre de la Rose Croix dont Robert Fludd et Francis Bacon firent ensuite partie.
Traditionnellement John Dee est considéré comme le Légat ou le Mage de la fraternité au XVIéme siècle en Europe. On pense qu'il connut Francis Bacon qui était le protégé de la reine à la cours. Comme Dee était le confident et le conseiller d'Elisabeth, on le chargea, ou peut être demanda-t-il lui même, d'être le tuteur de celui qui sera par la suite l'organisateur des Rose Croix en Angleterre. D'après le journal de Dee, il est question d'une visite de Francis Bacon en aout 1581 à sa résidence de Mortlake. En fait il semble que ce soit l'époque où Bacon fut initié. Il avait alors 21 ans. Dee et Bacon passèrent un certains temps à travailler ensemble sur les écrits hermétiques, sur la Gematrie hébraïque. Dee transmis aussi à Bacon les connaissances qui lui seraient par la suite nécessaire. Il le familiarisa notamment avec l'œuvre de Roger Bacon et à la cryptographie de Trithème et d'Agrippa.
Par la suite lorsque Jacques premier d'Angleterre devint souverain il y eut un changement important. Puritain convaincu, il s'opposa aux pratiques telles que celles de l'ésotérisme et Dee fut violemment critiqué. Les écrits durent être voilés. A cette époque Bacon dut éviter de développer officiellement les idées rosicruciennes, pour des raisons de sécurité. C'est peut être à ce moment là qu'il prit l'habitude de crypter ses écrits et notamment en relation avec l'auteur william shakespeare.
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Figure gravée en 1655 by Jacob Cats, extraite de Orders of Universal Reformation qui montre un vieillard ressemblant à John Dee, transmettant la lampe de la Tradition primordiale à un jeune homme aux boucles de souliers en forme de rose. |
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